24.02.2012
Smartvote ou la peur d'un outil démocratique
Smarvote fait peur aux vieux partis, et cela ce sent. Dans un article paru ce matin dans Le Temps, ces partis exposent leurs critiques à Smartvote. Aucune de ces critiques ne tient la route:
- Trop cher? À 100 francs par candidat élu, qui plus est plafonné à 2'000 francs, cet outil représente bien peu dans les budgets des partis. À voir l'article paru il y a quelques jours dans 24heures sur les coûts des campagnes électorale qui ne font qu'augmenter. De plus, quand un candidat est élu, il est tellement content qu'il ne voit aucun inconvénient à débourser les 100 francs qu'il s'est engagé à payer.
- Questions sans nuances? Les objets soumis à votations sont toujours sans nuances. Il faut répondre par oui ou non, ou s'abstenir. Smartvote va d'ailleurs plus loin que ça puisqu'on peut également répondre par "plutôt oui" ou "plutôt non" et qu'on peut mettre un commentaire à chaque question. Le questionnaire qu'avaient fait, il y a un an, les socialistes, ne proposait d'ailleurs pas plus de nuances. Bien au contraire.
- Manque de transparence? La méthodologie complète est à disposition de tout-un-chacun sur le site web de smartvote. On peut la télécharger à partir d'un lien situé en bas de la page d'accueil.
- Recommandations pour des personnes? L'une des critiques mentionnée dans l'article est: "Le site recommande un candidat et pas un parti". Voici bien une critique digne d'un président ou d'un secrétaire général de parti. D'une part, cette affirmation est fausse: une fois que l'on a rempli le questionnaire, on peut choisir si l'on veut une recommandation pour des personnes ou pour un parti. D'autre part, quand on entend tellement souvent sur le marché des gens qui vous disent "ah, moi je ne vote pas pour un parti, je vote pour des personnes", on se dit que ce choix est peut-être même inutile.
Non, en réalité, ces arguments ne sont que du vent. Ce qui gêne véritablement les partis en place, c'est que Smartvote donne la même visibilité à tous les partis, y compris les nouveaux. Les vieux partis n'aiment pas cela, ils sont habitués à l'avantage que leur donne leur statut de sortants et à la visibilité que cela leur confère dans les médias. Voilà la raison pour laquelle ils n'aiment pas smartvote.
10:01 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : smartvote, élections
10.02.2012
Où construire des éoliennes?
"Je ne suis pas contre l'énergie éolienne, mais ici n'est pas le bon endroit". C'est le leitmotiv de tous ceux qui se battent contre l'implantation d'éoliennes. On a encore pu l'entendre de la bouche de ceux qui n'ont pas admis leur défaite démocratique à Sainte-Croix dimanche dernier.
On entend pourtant jamais ces mêmes personnes dire où ils souhaiteraient avoir des éoliennes. Bien au contraire, les anti-éoliens de tout le canton de Vaud se sont ligués entre-eux pour défendre leur cause.
Parmi les plus modérés, certains disent qu'ils ne s'opposeront aux éoliennes que tant qu'il n'y aura pas un plan cantonal. Pourtant ce plan existe déjà: il s'agit de la fiche 51 du Plan Directeur Cantonal. Cette fiche demande de favoriser une utilisation économe de l'énergie et le recours aux énergies renouvelables et définit 32 sites dans le canton sur lesquels il est possible de mettre des éoliennes. Pour rappel, ce plan directeur est le support qui détermine l’évolution de l’aménagement du territoire cantonal dans ses grandes lignes et, selon l’article 9.1 de la LAT les plan directeurs ont force obligatoire pour les autorités. Que leur faut-il donc de plus? Ou devrais-je demander "que leur faut-il donc de moins"?
Les mettre en ville? C'est ce que demandent parfois ceux qui habitent à la campagne. Pourquoi pas? Il y en a par exemple à Martigny. À titre personnel, je trouve ces turbines belles et ça me plairait bien d’en avoir une à côté de chez moi. Mais les emplacements doivent être choisis en fonction des vents et pas en fonction de l'urbanisation d'un site. Les habitants des campagnes se plaignent parfois de devoir subir les désagréments des éoliennes pour permettre aux habitants des villes d'avoir bonne conscience. Sans entrer dans le débat sur les désagréments que causent ou ne causent pas les éoliennes, il faut rappeler que les habitants des villes subissent beaucoup de désagréments qui, eux, sont causés par tout-le-monde (par exemple les aéroports) ou même essentiellement par les campagnards (par exemple la circulation qui est causée en grande majorité par ceux qui habitent précisément en dehors de la ville).
Les arguments du type "pas dans mon jardin" ne peuvent pas être pris en compte. L'approvisionnement énergétique est un enjeu crucial, et chacun doit faire sa part comme dans tout autre domaine. Un grand nombre de nos citoyens ont bien subi, par exemple, des expropriations afin de poser des lignes de chemin de fer dans le but de répondre aux besoins de tous, ce qui me parait bien plus contraignant face à la pause d’éolienne.
Il est temps d'admettre qu'il faut bien construire ces éoliennes quelque-part. Chacun doit prendre ses responsabilités et réaliser que nous sommes une communauté ayant besoin d’énergie à long terme. Dire non à l’éolienne c’est pénaliser tout-le-monde. En conséquence, le critère le plus efficace et donc le plus important doit être le vent.
09:29 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : éoliennes, énergie
11.12.2011
Oui, la concordance doit évoluer.
Dans le débat qui a lieu depuis de nombreux mois sur la concordance, il convient de rappeler à quoi doit servir cette concordance. Le but est d'avoir un Conseil fédéral qui représente les équilibres existants au Conseil national. Cela permet non seulement d'avoir un Conseil fédéral représentatif de la diversité des opinions dans la population, mais aussi d'éviter de trop nombreux blocages dus à des référendums.
La formule 2+2+2+1 avait toute sa raison d'être quand le nombre de partis représentés au parlement était de 4 ou 5. Ce nombre a aujourd'hui augmenté et conserver la même vieille formule conduirait à des anomalies. Un exemple simple et d'actualité: si on avait 2 PLR et 2 UDC au Conseil fédéral, deux partis qui à eux deux détiennent 43% des sièges auraient plus de 57% des sièges du Conseil fédéral. Dans une telle configuration, le Conseil fédéral aurait souvent une opinion opposée à celle du parlement et les blocages seraient donc nombreux. C'est d'ailleurs la situation que l'on a eue entre 2003 et 2007.
Dès lors, cette ancienne formule magique n'a plus lieu d'être. Le Conseil fédéral doit représenter les équilibres du parlement et, aujourd'hui, la formule 3 à droite (PLR et UDC), 2 au centre (PDC, PBD et Vert'libéraux) et 2 à gauche (PS et Verts) atteint parfaitement ce but.
18:33 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : concordance, conseil fédéral

