24 Heures

28.01.2010

Un grand canton du Jura?

Je n'habite pas la région concernée par le sondage du jour de la RSR. Pourtant, la fusion des cantons du Jura, de Neuchâtel et de la région du Jura bernois me concerne quand-même. Elle nous concerne tous.

D'abord, d'un point de vue purement pratique: En fusionnant les cantons de Neuchâtel et du Jura, les romands perdent deux conseiller aux états. Nous réduisons donc notre influence au niveau fédéral.

Mais il y a plus. En suisse, les frontières politiques ne correspondent pas aux frontières linguistiques. C'est une bonne chose et c'est très important car grâce à cela, les disputes politiques en Suisse ne se font pas (systématiquement) entre romands et alémaniques ou italophones, mais elles sont à géométrie variable. Pour chaque question politique, on peut ainsi trouver dans les deux camps aussi bien des romands que des alémaniques. Si nous nous dirigeons vers une Suisse des régions, avec une grande région qui regrouperait l'ensemble des romands, alors nous nous retrouverions dans le même cas que la Belgique, avec une région wallonne et une région flamande, et les tensions entre communautés linguistiques s'en trouveraient accentuées. Avoir beaucoup de petits cantons, dont certains cantons bilingues, est donc important pour la cohésion nationale de notre pays.

Eurocompatibilité?

Vers 13h15 aujourd'hui à la RSR, Jacques Hirt parle d'Eurocompatibilité. Lui pense que, pour être eurocompatible, les cantons suisses doivent se regrouper en régions, pour avoir plus ou moins la taille d'une région européenne.
Il oublie qu'on a toujours besoin d'administrations à tous les niveaux: Pays, cantons, districts, communes. Quand on crée une entité plus grande, on va automatiquement recréer plus tard, au sein de cette entité, des entités plus petites, pour des questions purement pratiques. Considérons par exemple les grandes villes: elles se divisent en arrondissements pour des questions purement pratiques. Et cela n'est pas vrai que pour Paris: Zurich fait la même chose, comme bien d'autres villes à travers le monde. Si nous cherchons dans notre pays une zone ou une entité qui ait la taille d'une région européenne, il n'y a pas besoin d'inventer quelque-chose de nouveau: il suffit de prendre la confédération. En effet, notre pays est comparable, en superficie comme en nombre d'habitants, à une grosse région française (la région parisienne, par exemple) ou un gros Land allemand (la Bavière, par exemple).

En conclusion, que les Neuchâtelois et les Jurassiens de tous cantons fusionnent si ça leur fait plaisir. Mais ne voyons pas la fusion comme la solution à tous les problèmes. Une fusion a toujours des désavantages et il convient de bien peser le pour et le contre avant de se décider.

23.12.2009

Mühleberg: une décision politique ou pas politique?

Malgré le refus net du peuple vaudois (plus de 64% de non), malgré le refus d'autres cantons, de la ville de Berne et de l'Autriche, Moritz Leuenberger et son DETEC ont décidé d'accorder à la centrale atomique de Mühleberg un droit d'exploitation illimité.

Dans son communiqué de presse, le DETEC précise qu'une "limitation dans le temps peut cependant être définie pour des raisons de sécurité mais non pour des motifs politiques".

Au-delà des questions de sécurité sur lesquelles on pourrait débattre longtemps, il y a une chose encore plus absurde dans cet argument: si les motifs politiques n'intéressent pas le DETEC, pourquoi avoir consulté des entités politiques? Les cantons, les communes et les etats sont en effet des entités politiques. Leur demander leur avis pour dire ensuite que les avis politiques ne sont pas relevant est tout-à-fait insolent et indigne d'un organe démocratique.

Finalement, cela révèle une chose assez claire: cette mauvaise décision était prise avant que la consultation ne se termine (peut-être même avant qu'elle ne commence) et cette dernière n'a été faite que pour la forme. En ignorant les réponses faite à cette consultation, le DETEC et son ministre font une petite entaille dans notre démocratie.

11.09.2009

Police unique: une crise humaine?

Quand on regarde de qui est composé le comité opposé à la police unique, on s'aperçoit qu'il comporte une large majorité de Syndics et de Municipaux, terrifiés à l'idée de perdre une partie de leur pouvoir: celui de donner des ordres à quelques policiers et de pouvoir choisir ceux qui obtiendront ces postes.

D'après eux, l'acceptation de cette initiative provoquerait une crise humaine. Si crise humaine il y a, ce ne serait certainement pas chez les policiers, qui sont très majoritairement favorables à la police unique, ni pour la population, qui aurait ainsi une police plus efficace pour un meilleur prix, mais bien chez ces syndics, tout déçus d'avoir perdu une partie de leur pouvoir.

La question est donc: à quoi attache-t-on plus d'importance: aux pouvoirs des syndics ou à la sécurité et l'argent du contribuable? Pour moi, la réponse est claire: le 27 septembre, il faut voter OUI à la police unique!