24 Heures

04.12.2008

Contre le projet de Bellerive: avons-nous été entendus?

Après le refus du nouveau musée des beaux-arts à Bellerive par les vaudois, on a entendu le conseil d'état se reprocher d'avoir "mal communiqué". Ce matin, à la RSR, Pierre Keller, défenseur du projet de Bellerive, accusait différent membres du comité référendaire (Isabelle Chevalley, Jacques-André Haury et Pierre Santschi) de ne rien connaître à l'art. Ces réactions sont attristantes, parce qu'elles montrent que, malgré leur défaite, les partisans de l'emplacement de Bellerive refusent d'écouter les arguments des opposants.

En effet, regretter d'avoir mal communiqué revient à dire que les votants n'ont pas bien compris le projet. C'est, finalement, les prendre pour des imbéciles et refuser d'admettre qu'il y avait de bonnes raisons de s'opposer à ce projet. De même, accuser les référendaires de ne rien connaître à l'art montre qu'on a pas écouté leurs arguments, puisque, à l'exception d'un seul (l'architecture du bâtiment), les arguments des opposants n'étaient absolument pas d'ordre artistique. Les opposants ont d'ailleurs souvent répété qu'ils sont favorables à la création d'un nouveau musée des beaux arts.

Des arguments pour s'opposer au projet de Bellerive, il y en avait pourtant beaucoup. Ils ont souvent été répétés pendant la campagne. On peut bien sûr réfuter ces arguments (mais ce n'est pas ce que font le conseil d'état ni M. Keller), mais une fois que ces arguments ont été défendus par la majorité du peuple, il faut les admettre et en tenir compte pour un futur musée.

Le conseil d'état, s'il veut que son prochain projet soit un succès, ferait d'ailleurs mieux d'aller au-delà de la simple écoute de ces arguments. Il devrait placer ce musée à un endroit qui soit déjà bien desservi par les transports publics au lieu d'un endroit dont on se contente de prévoir d'améliorer la desserte. Il devrait choisir un bâtiment qui soit esthétiquement intéressant; il n'existe pas de définition de ce qui est beau ou moche, mais c'est se voiler la face que de penser qu'une grosse masse de béton plaît à plus de monde qu'à quelques architectes qui se croient avant-gardistes. Enfin et surtout, il devrait réfléchir à faire un bâtiment qui ne se contente pas de respecter la législation en matière de protection de l'environnement, mais qui soit un véritable modèle en matière d'écologie.