24 Heures

02.07.2009

Nouvelles Energies Renouvelables: Pari Impossible?

La dernière campagne des producteurs suisses d'électricité vise à dénigrer les Nouvelles Energies Renouvelables (NER, c'est-à-dire le solaire, l'éolien, la biomasse, etc). Ce n'est pas un secret: ils l'ont admis hier matin à la RSR.
D'après leur site web, ces énergies sont peu intéressantes, parce qu'elles ne représentent que 2% de l'ensemble de la production suisse. C'est-là une bonne occasion pour se demander pourquoi leur contribution, chez nous, est aussi faible.
Est-ce une fatalité? Bien sûr que non. Il n'y a qu'à regarder ce qui se passe chez nos voisins. Dans l'Union Européenne, les énergies renouvelables représentaient 7.53% de la consommation totale en 2007. Elle atteignaient 31.29% en Suède et 23.41% en Autriche, ce dernier étant le pays qui ressemble le plus au notre au niveau de la topographique et climatique.
Est-ce parce qu'elles coûtent cher? Je ne pense pas que l'Autriche soit un pays beaucoup plus riche que la Suisse. La Lituanie ne l'est probablement pas non-plus et elle a droit, elle, à 29.31% de son énergie provenant des NER.
Finalement, il faut bien l'admettre: si les NER sont aussi peu développées en Suisse, c'est bien par manque de volonté politique. La triste conclusion, c'est que ceux qui cherchent à nous faire croire qu'ils font beaucoup d'efforts pour développer les énergies renouvelables, tels la Romande Energie ou les FMB, n'en font en réalité pas. Qu'on se le dise!

Note: Les Services Industriels Genevois se sont désolidarisés de la campagne en question.

24.11.2008

Droit de recours des associations. Partie 2.

Le deuxième argument des initiants est de dire que "Lorsqu’un projet de construction est conforme aux lois et aux règles notamment en matière de protection de l’environnement, le peuple ou les parlements doivent pouvoir s’exprimer de manière claire sur la réalisation ou non dudit projet." Ce qu'ils ne disent pas, c'est que quand une association de défense de l'environnement dépose un recours, c'est justement pour montrer qu'un projet n'est pas conforme aux lois. C'est bien pour ça que la décision finale est prise par un tribunal, et non pas par ces associations, qui n'ont donc pas "plus de pouvoir". En acceptant leur initiative, on en viendrait finalement à une situation où les décisions du peuple primeraient sur celles des tribunaux.

C'est amusant, car c'est exactement la position que soutenait l'UDC lors de son initiative sur les "naturalisations démocratiques", initiative que le parti Radical combattait à l'époque, avec exactement les mêmes arguments que ceux que je vais vous donner ici:

Les lois sont faites de manière démocratique, par le peuple ou par les parlements. Elles ont donc été choisies par tous et doivent être respectées. Pour pouvoir vivre en société, il faut que chacun accepte les règles fixées de manière démocratique, même quand ces règles ne lui plaisent pas. Si un petit groupe (par exemple une commune) veut réaliser un projet qui transgresse une loi, alors il y a deux possibilités:
1. Soit la loi transgressée est limitée à ce petit groupe (c'est une loi communale, dans notre exemple), alors ce groupe a la possibilité de changer cette loi de manière démocratique et doit s'interroger sur l'opportunité de le faire. Il peut ainsi lui-même décider de l'avenir de son projet.
2. Soit la loi transgressée a été fixée par un plus grand groupe (toujours dans notre exemple, il s'agirait d'une loi cantonale ou fédérale) et alors le petit groupe doit essayer de convaincre les autres de changer cette loi. S'il y arrive, c'est sans doute qu'il avait raison; s'il n'y arrive pas, il doit accepter de renoncer à son projet, par respect pour les autres.

Pour conclure: cette initiative n'est pas démocratique, car elle permettrait de faire primer la volonté d'un petit groupe sur celle de l'ensemble de la population.

14.11.2008

Droit de recours des associations. Partie 1.

Sur son site web, le comité d'initiative "Droit de recours des organisations: Assez d’obstructionnisme – plus de croissance pour la Suisse!" donne quatre arguments pour soutenir leur initiative. Voyons ces arguments un par un.

Premier argument: d'après les initiants, le droit de recours bloque des investissements et la création de places de travail.

Y a-t-il réellement un blocage? En réalité, dans 40% des cas, les conflits sont réglés à l'amiable [1]. En effet, quand les promoteurs acceptent de modifier leurs plans pour les rendre conforme au droit suisse, alors les associations retirent naturellement leurs recours. Le droit de recours ne représente donc pas une obstruction, mais une chance de développer l'économie dans le respect de la loi.

Les initiants citent notamment des projets de la Migros qui auraient été bloqués par ces recours. Pourtant, la Migros ne soutient pas cette initiative. En effet, dans un communiqué daté du 14 mars 2008, espace.mobilité, un groupement d'intérêts dont la Migros est un des principaux membres, déclare que la voie choisie par le parlement "apparaît plus pertinente que l’initiative du Parti radical".

Enfin, les initiants affirment que leur initiative "vise la protection de l’Etat de droit et la sécurité juridique" et que "La création de PME et de places de travail ne doit pas dépendre de l’humeur de quelques 30 associations". Ils oublient que les associations ne font que déposer des recours. La décision finale n'est pas prise par une association mais bien par un tribunal, qui se base sur le droit suisse et qui est justement le garant de la protection de l'état de droit.

Voici déjà une bonne raison de voter non le 30 novembre. Le prochain argument sera étudié dans le prochain épisode.

[1] Office fédéral de l'environnement, Évaluation du droit de recours des organisations, 30.10.2008.

12.08.2008

Histoire de Pipi-Caca

Quand on s'intéresse à l'écologie, on a toujours des sujets de conversation passionnants. Un des principaux est celui des déchets. Ca fait très bon genre. En particulier les déchets dont je voudrais vous parler ici: le pipi et le caca.

Je suis allé tout récemment à la cabane Trient, au-dessus de Champex, dans le Val Ferret. Elle a été agrandie en 2006. La nouvelle partie du bâtiment est notamment équipée de toilettes sèches. Je ne le savais pas avant d'y aller et autant vous dire que j'ai été surpris.

Tout d'abord, en entrant dans les toilettes, je me retrouve dans une salle pleine de petites cabines. Je crois d'abord m'être trompé de pièce. J'ouvre une cabine et non, ce sont bien les toilettes. Je comprends alors pourquoi j'avais cru m'être trompé: il n'y a aucune odeur. Pourtant, ce jour-là, la cabane était bien fréquentée. Il y avait environ une trentaine de personnes à l'heure où j'y étais (vers 13h00). Première surprise, donc: les toilettes sèches ne sentent pas mauvais, contrairement aux toilettes conventionnelles.

Je regarde ensuite de plus près les petits panneaux sur les portes, qui expliquent le fonctionnement de ces toilettes. Sous le trou se trouve un petit tapis roulant, légèrement incliné de manière à laisser s'écouler le pipi. Après avoir fait ses petits (je devrais plutôt dire gros) besoins, on est prié d'actionner 5 fois une pédale à pied qui fait avancer le tapis roulant. Le caca est ainsi amené sur un tas séparé du pipi. Dans ce tas se trouvent des vers qui transforment ce caca en compost. caca

En conclusion, le principe est simple et, contrairement à une idée largement répandue, ces toilettes ne sentent absolument pas mauvais. À ceux qui en doutent, je ne peux donner qu'un conseil: allez faire un tour à la cabane Trient en veillant à avoir pris un repas copieux la veille! Et, si vous en avez la possibilité, réfléchissez à en installer chez vous.