24 Heures

20.06.2008

Le Musée des Beaux-Arts. À Bellerive?

Le Conseil d'état vaudois fait campagne pour le musée des beaux-arts à Bellerive. Pour faire cela, il nous montre des images.

Les premières images sont quelques œuvres qui pourront potentiellement être exposées dans le futur musée. En faisant ça, ils esquivent complètement la question qui se pose en ce moment: pourquoi dans ce musée-là et pourquoi à cet endroit? Car c'est bien là tout le problème. On pourrait agrandir le palais de Rumine, ce qui aurait l'avantage de faire un musée facile d'accès. On pourrait, si on tient absolument à Bellerive, faire un musée qui ne ressemble pas à un cube de béton, comme le Centre Paul Klee à Berne ou la Fondation Beyeler à Bâle. On pourrait faire un musée qui ne soit pas sur le lac, gâchant le paysage, mais situé sur l'actuel parking de Bellerive, libérant ainsi le rivage pour en faire un beau jardin ou une belle promenade. Mais non. On veut construire un cube de béton sur le lac, convaincu que, dans 1000 ans, nos descendants le trouveront aussi beau que le château de Chillon.

Les autres images sont des photo-montages du projet de musée. Parmi les photos proposées, en voici deux qui sont intéressantes.

Photo-montage du projet de musée à Bellerive

Sur la première, on voit un cadre idyllique: de belles pelouses, des arbres, le lac et les montagnes en arrière-fond. Seule un objet est moche: le musée. Bien sûr, le cadre met le musée en valeur; mais ce n'est pas réciproque.

Photo-montage du projet de musée à Bellerive, de nuit

La deuxième image est assez caractéristique de l'architecture moderne: on photographie le bâtiment de nuit, toutes lumières allumées. Ca fait un joli spectacle de lumières et ça évite de trop voir les détails de l'architecture. Dans le cas particulier du musée, il ressemble plutôt à un monstre avec une grande gueule et un oeil qui vous guette. Est-ce pour faire peur aux marins?

Il paraît, toujours d'après notre Conseil d'état, que plus rien ne s'oppose à la construction du nouveau musée des beaux-arts à Bellerive. Comme c'est dommage. Heureusement, ce n'est pas tout-à-fait vrai. Car si les oppositions juridiques ont été levées, il reste les oppositions politiques, avec le comité Pas au bord du lac, qui s'occupe de faire soumettre la question au peuple. Signez et faites signer la demande de référendum, que vous pouvez télécharger ici.

19.06.2008

Escaliers roulants à Lausanne

Dans le 24heures du 17 juin dernier, on apprenait que la commune de Lausanne prévoit de construire un tapis roulant entre, d'une part, la gare et le Flon et, d'autre part, la gare et la place St François.

L'idée de creuser un passage direct entre la gare et le Flon est très bonne. Il est en effet désagréable, pour qui doit passer du M1 au train ou du train au M1, de devoir faire un détour par le haut du petit-chêne ou de devoir attendre un M2 dont les horaires de passage ne correspondent pas forcément à ceux du train et/ou du M1. Cela coûte beaucoup de temps et, souvent, quand on a un train à attraper, on en a justement peu, du temps. C'est d'autant plus frustrant qu'on sait qu'on pourrait arriver très vite à la gare à pieds en descendant le long des rails du M2. Ce problème est surtout vrai les soirs ou les dimanches, quand les métros sont peu fréquents. Ce problème était aussi exactement le même à l'époque de la ficelle; à cette époque, la ficelle était même tout bonnement inactive à certaines heures.

Par ce projet, la ville pallie à un problème majeur dans l'urbanisme de Lausanne, qui est que la gare n'est pas le centre névralgique des transports publics. C'est donc un bon projet. De plus il devrait être relativement simple à réaliser, puisqu'il suffit probablement d'élargir l'actuel tunnel du M2. On peut s'interroger sur la nécessité de mettre des escaliers roulants: un simple passage piéton ne suffirait-il pas? Il serait en tous cas moins gourmand en énergie. Mais ce n'est pas un drame; l'avantage des escaliers roulants, par rapport à une ficelle ou à un métro est que, quand ils tombent en panne, ils conservent leur propriétés d'escaliers.

Ce qui est plus surprenant, c'est le projet d'escalier roulant entre la gare et la place Saint-François. Il y a, entre ces deux points, un passage piéton qui est quasiment une ligne droite: le petit-chêne. Pourquoi a-t-on besoin de le remplacer? Les lausannois ont-ils perdu leurs jambes? Qu'y gagnerons-nous? Un peu moins de fatigue? Bien sûr, on y gagnera un peu de temps et de confort. Mais le gain n'est pas aussi important que pour le Flon: on ne construit pas de raccourci, on ne fait qu'automatiser un trajet qui existe déjà. À l'heure où l'on essaye de faire des économies d'énergies, on peut se demander si c'est une bonne idée. Ce qui est d'autant plus regrettable est que, toujours d'après cet article du 24heures, le projet gare-St-François est prioritaire par rapport au projet gare-Flon.