24 Heures

21.03.2010

Libéral et Vert

Tous les partis politiques ont pour but affiché de trouver un juste équilibre entre l'économie, l'écologie et la politique sociale. Ce qui distingue les vert'libéraux est le point où ils voient cet équilibre; la politique des vert'libéraux a deux caractéristiques: elle est verte et elle est libérale.

Être vert signifie être convaincu qu'il est indispensable de vivre dans un environnement (naturel et construit) sain pour avoir une bonne qualité de vie. Cette conviction se base notamment sur deux constats:

  • Une nature en bon état est indispensable pour nourrir la population. Par exemple, le réchauffement climatique cause non seulement la sécheresse, mais également - à long terme - l'immersion de terres qui ne peuvent plus être cultivées.
  • La pollution cause des problèmes immédiats de santé (allergies, maladies, malformations) qui peuvent être plus ou moins graves selon que l'on vit dans des sites plus ou moins pollués.

L'écologie n'est donc pas une fin en soi, mais un moyen - indispensable - de servir l'homme.

Le libéralisme, en plus d'être une vision de l'économie, est aussi, et peut-être d'abord, une vision de la société. Être libéral signifie avoir la liberté pour valeur fondamentale. Il y a deux raisons de croire que la liberté est une valeur fondamentale:

  • La liberté est un droit. Elle figure d'ailleurs à ce titre dans la charte des droits de l'Homme.
  • La liberté est synonyme de richesse. En effet, la liberté engendre la diversité; et la diversité est soit une richesse en soi (diversité culturelle: culinaire, artistique, …) soit engendre de la richesse (diversité marchande ou diversité scientifique par exemple).

Il n'y a pas de droits sans devoirs et la liberté implique donc une responsabilité. Chaque individu est responsable de la façon dont il mène sa vie et, si l'Etat doit aider les plus faibles à mener une existence digne, il ne doit en aucun viser à une utopique et appauvrissante égalité entre tous les individus. Il ne doit pas non-plus brider les plus forts.

Le libéralisme ne doit pas être confondu avec la loi de la jungle. La distinction principale réside dans le fait que le libéralisme intègre une règle qui dit que "la liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres". Cette règle justifie notamment l'existence d'un état, de lois, d'une justice et d'une police.

Constatant que la pollution n'est pas une chose qui peut être restreinte à la sphère privée (la pollution se propage et ne connait pas de frontière politique), la règle donnée au paragraphe précédent justifie notamment que l'Etat intervienne dans le domaine de la protection de l'environnement.

www.vd.vertliberaux.ch

 

28.01.2010

Un grand canton du Jura?

Je n'habite pas la région concernée par le sondage du jour de la RSR. Pourtant, la fusion des cantons du Jura, de Neuchâtel et de la région du Jura bernois me concerne quand-même. Elle nous concerne tous.

D'abord, d'un point de vue purement pratique: En fusionnant les cantons de Neuchâtel et du Jura, les romands perdent deux conseiller aux états. Nous réduisons donc notre influence au niveau fédéral.

Mais il y a plus. En suisse, les frontières politiques ne correspondent pas aux frontières linguistiques. C'est une bonne chose et c'est très important car grâce à cela, les disputes politiques en Suisse ne se font pas (systématiquement) entre romands et alémaniques ou italophones, mais elles sont à géométrie variable. Pour chaque question politique, on peut ainsi trouver dans les deux camps aussi bien des romands que des alémaniques. Si nous nous dirigeons vers une Suisse des régions, avec une grande région qui regrouperait l'ensemble des romands, alors nous nous retrouverions dans le même cas que la Belgique, avec une région wallonne et une région flamande, et les tensions entre communautés linguistiques s'en trouveraient accentuées. Avoir beaucoup de petits cantons, dont certains cantons bilingues, est donc important pour la cohésion nationale de notre pays.

Eurocompatibilité?

Vers 13h15 aujourd'hui à la RSR, Jacques Hirt parle d'Eurocompatibilité. Lui pense que, pour être eurocompatible, les cantons suisses doivent se regrouper en régions, pour avoir plus ou moins la taille d'une région européenne.
Il oublie qu'on a toujours besoin d'administrations à tous les niveaux: Pays, cantons, districts, communes. Quand on crée une entité plus grande, on va automatiquement recréer plus tard, au sein de cette entité, des entités plus petites, pour des questions purement pratiques. Considérons par exemple les grandes villes: elles se divisent en arrondissements pour des questions purement pratiques. Et cela n'est pas vrai que pour Paris: Zurich fait la même chose, comme bien d'autres villes à travers le monde. Si nous cherchons dans notre pays une zone ou une entité qui ait la taille d'une région européenne, il n'y a pas besoin d'inventer quelque-chose de nouveau: il suffit de prendre la confédération. En effet, notre pays est comparable, en superficie comme en nombre d'habitants, à une grosse région française (la région parisienne, par exemple) ou un gros Land allemand (la Bavière, par exemple).

En conclusion, que les Neuchâtelois et les Jurassiens de tous cantons fusionnent si ça leur fait plaisir. Mais ne voyons pas la fusion comme la solution à tous les problèmes. Une fusion a toujours des désavantages et il convient de bien peser le pour et le contre avant de se décider.

22.09.2008

Pas très libéral, tout ça.

Une fois n'est pas coutume, j'ai envie de faire un petit commentaire sur la politique étrangère. Américaine, en l'occurrence.

Le gouvernement états-unien a choisi d'investir plusieurs centaines - voir milliers - de milliards de dollars pour assainir les banques de leur pays. D'après des hauts responsables américains, ce plan de sauvetage coûter cher, mais moins cher que de regarder les banques faire faillite les unes après les autres et de voir l'économie s'effondrer.

C'est peut-être vrai à court terme. Mais à long terme, quel effet est-ce que cela aura? Les institutions financières continueront à prendre des risques complètement démesurés, sachant qu'en cas de grosse perte, elles auront toujours l'état derrière elle pour les sauver. Et ça, ça coûtera très cher, et à long terme.

Si au contraire, on laissait les investisseurs faire faillite, la sélection naturelle ferait très bien son travail. Ceux qui ont mal investi disparaîtraient, remplacés par des investisseurs plus sages. Et tous, les actuels comme les futurs, même s'il y aura toujours des imbéciles, apprendraient un peu de la crise actuelle.

Car il ne faut pas se leurrer. Toutes les entreprises, y compris les banques, existent parce qu'il y a un marché. Si ce marché est là, une entreprise qui disparaît est vite remplacée par une autre. Si ce marché n'est pas là, on pourra injecter autant d'argent que l'on voudra, l'entreprise ne tiendra pas.

Finalement, au vu de la réaction du gouvernement républicain, je comprends mieux pourquoi la droite américaine est appelée "conservatrice" et non pas "libérale".